Vous voulez passer à Linux, mais le choix du système vous retient ? Linux Mint et Ubuntu répondent à beaucoup des mêmes besoins : aller sur le Web, écrire, classer des photos et travailler. Ce qui change se voit surtout dans le bureau, les logiciels proposés et la façon de suivre les mises à jour.
Pour un premier PC Linux, notre conseil va à Linux Mint Cinnamon. Son menu et sa barre des tâches donnent vite des repères. Ubuntu reste un très bon choix, surtout sur un ordinateur vendu avec ce système. Il vaut mieux garder une installation adaptée à son matériel que changer par principe.
Linux Mint et Ubuntu en un coup d’œil
| Linux Mint | Ubuntu |
|---|---|
| Notre conseil : pour un bureau familier et un premier passage depuis Windows. | Notre conseil : pour un PC certifié Ubuntu ou les adeptes de GNOME. |
| Version de référence : Linux Mint 22.3, base Ubuntu 24.04. | Version de référence : Ubuntu 26.04.1 LTS. |
| Bureau : Cinnamon, MATE ou Xfce. | Bureau principal : GNOME. |
| Prix : téléchargement gratuit. | Prix : téléchargement gratuit ; services professionnels facultatifs. |
| Applications : paquets classiques et Flatpak ; Snap désactivé par défaut. | Applications : paquets classiques et Snap ; Flatpak peut être ajouté. |
Une distribution Linux est un système prêt à installer. Elle rassemble le noyau Linux, un bureau et des outils. Linux Mint et Ubuntu partagent une partie de leur base technique. Ils ne donnent pourtant pas la même sensation au quotidien. Ce comparatif porte sur leurs éditions principales pour PC, pas sur les versions destinées aux serveurs.
Linux Mint : des repères simples dès le départ
Linux Mint Cinnamon affiche un menu, une barre des tâches et une zone de notification. Vous ouvrez une application depuis le menu, puis vous retrouvez sa fenêtre en bas de l’écran. Cette disposition aide si vous venez de Windows. Vous n’avez pas à réapprendre tous vos gestes pour lancer le navigateur ou retrouver un fichier.
Le bureau Cinnamon laisse aussi de la place aux réglages. Vous pouvez déplacer le panneau, choisir un thème et changer les raccourcis. Rien ne vous oblige à le faire. Un débutant peut garder les choix proposés et découvrir les réglages plus tard.
Linux Mint existe aussi avec les environnements de bureau MATE et Xfce. Ils offrent d’autres façons d’organiser les fenêtres. Xfce mérite un essai sur une machine aux ressources modestes. Il ne rend toutefois pas un vieux processeur plus puissant. Une page Web lourde reste une page Web lourde, quel que soit le bureau.
Pour éviter de multiplier les choix, commencez par Cinnamon sur un PC assez récent. Changez d’édition seulement si vous avez une raison précise : manque de mémoire, préférence de bureau ou problème constaté pendant l’essai.
Cinnamon et GNOME : deux environnements de bureau
Le bureau principal d’Ubuntu repose sur GNOME. Il met en avant la vue d’ensemble des applications et des espaces de travail. Un espace de travail permet de séparer les fenêtres : votre courrier d’un côté, un dossier à rédiger de l’autre. On passe de l’un à l’autre sans tout fermer.
Pour modifier plus largement GNOME, on passe souvent par des extensions du bureau. Elles peuvent ajouter un bouton, changer la présentation ou adapter un geste. Vérifiez leur compatibilité avec la version de GNOME avant une mise à niveau. Cinnamon expose déjà de nombreux réglages dans ses outils graphiques, ce qui réduit le besoin d’ajouts pour retrouver un bureau classique.
Cette approche plaît si vous utilisez les raccourcis clavier ou si vous aimez un écran peu chargé. Elle peut aussi demander un petit temps d’adaptation. Ce n’est pas un défaut en soi. Le bon bureau est celui dans lequel vous retrouvez vos outils sans y penser.
Ubuntu Desktop propose actuellement la version 26.04.1 LTS avec GNOME 50. La branche LTS bénéficie de cinq ans de maintenance standard. Ubuntu Pro étend la maintenance de sécurité à dix ans pour les paquets couverts des dépôts Main et Universe. Il est gratuit pour un usage personnel sur cinq machines au maximum. Une extension Legacy payante peut porter cette durée à quinze ans. Pour un usage personnel courant, aucun abonnement n’est nécessaire pour installer Ubuntu.
Canonical, l’entreprise qui développe Ubuntu, propose aussi des services aux organisations. Cela peut compter si votre employeur utilise déjà Ubuntu ou si un prestataire entretient vos postes. À la maison, le choix du bureau et la prise en charge du matériel pèsent souvent plus lourd.
Quel système d’exploitation pour votre ordinateur ?
Regardez d’abord la mémoire vive, appelée RAM, et l’espace libre. La RAM sert aux tâches en cours. Le disque conserve vos fichiers quand le PC est éteint. Un manque de RAM se ressent quand vous ouvrez trop d’onglets ; un disque presque plein gêne les installations et les mises à jour.
Linux Mint indique 2 Go de RAM au minimum, avec 4 Go recommandés, et 20 Go d’espace disque au minimum. Le projet conseille plutôt 100 Go pour l’espace de travail. Ubuntu 26.04 demande 6 Go de RAM et 25 Go de disque. Ces seuils ne décrivent pas à eux seuls le confort avec vos applications.
Avec 4 Go de RAM, nous commencerions donc par un essai de Linux Mint. Avec 8 ou 16 Go, les deux distributions deviennent des pistes plus simples à envisager pour les tâches courantes. Gardez tout de même une marge si vous ouvrez un navigateur, une visioconférence et de gros documents en même temps.
Un SSD peut aussi rendre un ancien PC plus agréable qu’un disque dur mécanique. Avant d’acheter, vérifiez que votre ordinateur permet le remplacement. Si vous cherchez une nouvelle machine, notre guide de l’ordinateur portable Linux détaille les points à comparer au-delà du seul processeur.
Le Wi-Fi et la veille comptent autant que la vitesse
Ne choisissez pas une distribution Linux sur la seule promesse de meilleures performances. Essayez le Wi-Fi, le son, la webcam, les touches de volume et un écran externe si vous en utilisez un. Fermez puis rouvrez le capot d’un portable. Une machine rapide mais incapable de sortir de veille ne sera pas pratique.
Un modèle certifié pour Ubuntu donne un point de départ utile. La certification concerne une configuration et une version données. Elle ne prouve pas que tous les ordinateurs de la même marque fonctionnent de la même façon. Notez la référence exacte du modèle, pas seulement son nom commercial.
Linux Mint et Ubuntu peuvent avoir besoin de pilotes supplémentaires, notamment pour certaines cartes graphiques. Utilisez les outils prévus par la distribution. Un fichier trouvé au hasard sur un forum n’est pas une bonne première solution.
Codecs et pilotes : vérifiez les options d’installation
Les codecs servent à lire certains formats audio et vidéo. Linux Mint propose de les installer en cochant une case pendant l’installation, avec une connexion Internet. Ses pilotes propriétaires ne sont pas tous présents par défaut : utilisez le gestionnaire de pilotes si votre matériel en a besoin. Ubuntu propose également des options pour les logiciels tiers et la prise en charge multimédia.
Ne partez donc pas du principe qu’un système lira tous vos fichiers ou fera fonctionner chaque carte dès le premier démarrage. Testez un fichier habituel, puis consultez l’outil de pilotes. Cette vérification prend peu de temps et évite d’attribuer au bureau un problème de composant manquant.
Les applications : beaucoup de points communs
Pour le Web, la bureautique ou la lecture de fichiers, Linux Mint et Ubuntu couvrent des besoins proches. Le vrai point à vérifier est votre liste de logiciels indispensables. Un programme conçu pour Windows ne devient pas compatible parce que votre nouveau bureau lui ressemble.
Faites cette liste avant de changer de système d’exploitation. Pour chaque application, cherchez une version Linux, une version Web ou un remplaçant qui ouvre vos fichiers. Testez aussi vos périphériques. Une imprimante ou un scanner ancien peut peser davantage dans le choix qu’un détail de thème.
Pour les documents, notre comparatif ONLYOFFICE vs LibreOffice explique les limites des échanges de fichiers. Ne supposez pas qu’un document s’affichera à l’identique simplement parce que son format apparaît dans une liste de compatibilité.
Paquets, Flatpak et Snap : trois voies d’installation
Les deux distributions utilisent APT pour gérer leurs paquets DEB. Un paquet contient une application et les éléments nécessaires à son installation. Les dépôts de la distribution forment une bibliothèque de paquets suivie par le système. Le gestionnaire de logiciels de Linux Mint et la boutique d’Ubuntu évitent souvent de saisir des commandes : vous recherchez un nom, puis vous choisissez l’installation.
Flatpak et Snap sont deux autres formats de distribution d’applications. Ils peuvent offrir une version plus récente que celle des dépôts. Ils peuvent aussi prendre plus d’espace, car certains éléments sont fournis séparément du système. Ce coût varie selon les applications et les composants déjà présents.
Linux Mint intègre Flatpak dans sa gestion des logiciels. Snap y est désactivé par défaut, un choix expliqué dans le guide officiel de Linux Mint. Ubuntu utilise Snap dans son offre courante. Si une application essentielle n’existe que dans ce format, Ubuntu peut éviter une étape de configuration.
Pour un débutant, ces choix ne demandent pas de devenir spécialiste des paquets. Retenez surtout ceci : vérifiez la source et le format avant d’installer. Deux entrées portant le même nom peuvent correspondre à deux éditions de la même application. Évitez d’installer les deux sans raison, puis de vous demander laquelle se lance.
Mises à jour : garder un système fiable
Linux Mint et Ubuntu proposent des mises à jour pour corriger des défauts et des failles. Ubuntu applique la plupart des correctifs de sécurité chaque jour par défaut. Linux Mint dispose de son gestionnaire de mises à jour, dans lequel vous pouvez aussi régler l’automatisation. Installez-les régulièrement. Une interface familière ne protège pas un système laissé sans entretien. Si un redémarrage est demandé, prévoyez un moment pour le faire.
Il faut distinguer une mise à jour courante d’un passage à une nouvelle version majeure. La première corrige votre installation. Le second change une plus grande partie du système d’exploitation. Avant ce changement, sauvegardez vos fichiers et lisez les consignes propres à votre version.
Les versions maintenues de Linux Mint permettent de vérifier la date de fin de support. Linux Mint 22.3 reste suivi jusqu’en avril 2029. Ne confondez pas cette date avec cinq nouvelles années à compter de votre installation : la durée suit la branche du système.
Ubuntu publie une nouvelle version tous les six mois, avec une LTS tous les deux ans. Vous n’êtes pas obligé de suivre chaque sortie. Pour un premier poste, une version LTS est un choix raisonnable : vous gardez une base stable tout en recevant ses correctifs. Prévoyez surtout le passage à une branche maintenue avant la fin du support. Linux Mint 22 suit sa propre série de versions sur une base Ubuntu LTS, sans reprendre chaque sortie intermédiaire d’Ubuntu.
Une sauvegarde de fichiers reste indispensable
Linux Mint propose Timeshift pour créer des instantanés du système et revenir sur certains changements. Le guide de première installation conseille de configurer ces instantanés dès le départ. Il ne remplace pas une copie de vos photos, textes et autres fichiers importants. Vérifiez ce que couvre chaque outil au lieu de vous fier au mot « sauvegarde ».
Gardez une copie sur un support distinct et vérifiez que vous pouvez ouvrir les fichiers copiés. Un disque externe toujours branché n’offre pas la même protection qu’une copie déconnectée contre une mauvaise manipulation. Cette habitude compte plus que le choix entre Linux Mint et Ubuntu.
Essayez la distribution Linux avant de l’installer
Une clé USB de démarrage permet d’essayer Linux sans installer le système sur le disque. Cette session sert à découvrir le bureau et à vérifier les fonctions essentielles. Elle peut être plus lente qu’une vraie installation, selon la clé utilisée. Ne jugez donc pas toute la réactivité sur ce seul essai.
Téléchargez l’image du système depuis son site officiel. Suivez son guide pour vérifier le fichier et créer la clé. La création de la clé efface son contenu : choisissez un support que vous pouvez vider. Préparez aussi une sauvegarde de l’ordinateur avant toute installation.
Pendant l’essai, reproduisez une petite journée de travail. Ouvrez quelques sites, branchez votre casque, affichez une vidéo, puis testez votre clavier. Regardez si le texte reste lisible à votre résolution. Un détail gênant après dix minutes peut devenir pénible au quotidien.
Pour conserver Windows à côté de Linux, l’installation en double démarrage demande de partager le disque. Ne redimensionnez pas des partitions sans sauvegarde ni moyen de récupération. Si vous n’êtes pas à l’aise avec cette étape, gardez la session d’essai ou faites-vous accompagner.
Trouver de l’aide sans compliquer le problème
Linux Mint est un projet communautaire tourné vers les ordinateurs personnels. Ubuntu est développé par Canonical, avec une présence importante sur les serveurs et dans le cloud. Les deux disposent aussi de communautés d’utilisateurs pour le bureau. Avant de demander de l’aide, notez la version du système d’exploitation, l’environnement de bureau et le modèle de votre ordinateur. Un problème sous Cinnamon ne se règle pas toujours comme le même symptôme sous GNOME. Ces détails évitent des conseils qui visent une autre configuration.
Dans un moteur de recherche, ajoutez le nom de la distribution Linux et sa version à votre question. Vérifiez ensuite la date du conseil. Une commande adaptée à une ancienne version d’Ubuntu peut être inutile, voire gênante, sur votre installation actuelle. Le but est de comprendre la cause avant de modifier le système.
Les forums Linux Mint et Ask Ubuntu peuvent vous aider à lire un message d’erreur. Consultez d’abord les réponses existantes et leur date. Cette aide communautaire ne remplace pas un contrat de support avec un délai de réponse. Les entreprises qui ont besoin de ce cadre doivent comparer les services proposés, leur périmètre et leur prix. Pour un ordinateur personnel, la documentation et les échanges entre utilisateurs répondent souvent aux questions courantes.
Vie privée : le système ne fait pas tout
Ubuntu propose de transmettre à Canonical des informations sur le système pour aider son développement. Cette collecte, appelée télémétrie, demande votre accord. Ubuntu Insights permet de consulter les rapports conservés sur l’ordinateur et de retirer cet accord. Si vous ne souhaitez pas participer, refusez l’envoi lors du choix proposé. Cela n’empêche pas d’utiliser Ubuntu.
Linux Mint et Ubuntu s’appuient largement sur des logiciels open source. Vous pouvez étudier leur code, mais cela ne signifie pas que chaque application installée suit les mêmes règles. Les deux distributions peuvent accueillir des logiciels et des services aux pratiques différentes.
Pour votre vie privée, regardez les comptes connectés, les permissions du navigateur et les réglages des applications. Un service Web retrouve votre compte lorsque vous vous connectez, même si vous avez changé de système d’exploitation. L’usage compte autant que le nom de la distribution Linux.
Gardez donc une comparaison concrète des avantages et des inconvénients : facilité du bureau, prise en charge des périphériques, suivi des versions et applications disponibles. Les environnements de bureau se personnalisent. Un défaut de compatibilité avec votre outil de travail demande souvent une décision plus importante.
Linux Mint vs Ubuntu : notre verdict
Linux Mint Cinnamon est notre premier choix pour un débutant qui veut un bureau classique. Le menu, les fenêtres et les réglages donnent des repères. Le choix de Flatpak convient aussi si vous préférez cette voie pour vos applications.
Choisissez Ubuntu si votre ordinateur est livré avec, si sa certification vous rassure ou si GNOME vous plaît davantage. Vous bénéficiez d’un cadre connu de nombreux fabricants et prestataires. Il n’y a pas de raison de remplacer une installation Ubuntu qui répond déjà à vos besoins.
Avec un PC plus ancien, essayez Linux Mint et ses différentes éditions avant de dépenser pour une nouvelle machine. Avec du matériel très récent, vérifiez surtout la compatibilité exacte. Une distribution plus légère n’est pas forcément celle qui prend le mieux en charge une nouvelle puce.
Le meilleur choix ne se fait pas sur une capture d’écran. Retenez le système sur lequel votre matériel fonctionne et vos tâches restent simples. Vous aurez ensuite tout le temps d’explorer d’autres environnements de bureau.
Les questions qui restent souvent
Linux Mint et Ubuntu sont-ils gratuits ?
Oui, leurs éditions de bureau se téléchargent et s’utilisent sans achat de licence. Des services payants peuvent s’ajouter, notamment pour l’assistance. Ils ne sont pas nécessaires pour un usage personnel courant.
Faut-il utiliser le terminal tous les jours ?
Non. Les tâches courantes disposent d’outils graphiques. Certains dépannages passent par des commandes, car elles sont faciles à partager et donnent des informations précises. Ne copiez toutefois pas une commande dont vous ne comprenez pas l’effet, surtout si elle demande les droits d’administration.
Peut-on passer d’Ubuntu à Linux Mint sans perdre ses fichiers ?
Préparez ce changement comme une nouvelle installation : sauvegardez vos fichiers, notez vos applications et vérifiez vos moyens de connexion. Restaurer vos documents est une chose ; conserver chaque réglage de l’ancien système en est une autre. Une sauvegarde vérifiée reste la première étape.

